1. bookVolume 4 (2022): Issue 1 (December 2022)
    Héritage(s) - Kulturerbe
Journal Details
License
Format
Journal
eISSN
2545-3858
First Published
03 Jan 2019
Publication timeframe
1 time per year
Languages
German, English, French
Open Access

Glossaire: Bien culturel / Héritage et patrimoine vs Kulturgut / kulturelles Erbe

Published Online: 23 Oct 2022
Volume & Issue: Volume 4 (2022) - Issue 1 (December 2022) - Héritage(s) - Kulturerbe
Page range: 91 - 98
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2545-3858
First Published
03 Jan 2019
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German, English, French

Dans le glossaire figurant dans le présent numéro de Symposium culture@Kultur, et ce comme dans ceux des autres numéros de la revue, notre objectif est de problématiser l’emploi de concepts illustrant la thématique traitée dans le dossier, lorsqu’il s’agit de les traduire, de les transférer et de les faire circuler dans l’aire culturelle franco-allemande. Ce sont ici tout d’abord les notions-clefs de « bien culturel » et « Kulturgut » qui seront examinées. Dans un second temps, il s’agira de comparer le double « héritage/patrimoine » avec la terminologie allemande « kulturelles Erbe » ou « Kulturerbe ». D’autant que les différents articles publiés dans ce numéro montrent que le sens de ces termes ne se recoupe que partiellement en français et en allemand.

BIEN CULTUREL – KULTURGUT

Pillages de tombeaux, trafics illégitimes et confiscations illégales de bien culturels sont partout sous les feux de la critique. Des monuments de réputation internationale, historique et culturelle, ont de plus en plus souvent subi des dommages ces dernières années. Que ce soit en Irak et en Syrie, de Nimroud à Palmyre, l’organisation terroriste de l’Etat islamique a systématiquement pillé les biens culturels locaux, détruit des sites archéologiques majeurs, tiré profit de la vente de précieux objets anciens.

Et les débats concernant depuis de longues années la politique national-socialiste de destruction et de spoliation des biens culturels et le règlement des questions liées à leur restitution et à l’identification des personnes spoliées constituent depuis des décennies le quotidien de musées, d’institutions culturelles et d’experts.

Les auteurs de ces exactions souhaitaient ainsi détruire le lien culturel et ethnologique rattachant la population à sa patrie. En outre, de tels actes ne nuisent pas seulement aux personnes habitant l’endroit, ils portent aussi préjudice à l’histoire commune et à l’identité culturelle de l’humanité.

L’attention se concentre donc particulièrement sur la protection et la conservation des biens culturels quand ils se trouvent menacés ou même déjà détruits pour cause de guerres, de catastrophes naturelles, etc. Sur le plan international c’est en particulier le cas lors de l’effondrement d’ordres publics en raison de guerres ou de combats occasionnant la destruction durable et systématique de ces biens. Des conflits interethniques et religieux tels qu’ils ont eu lieu lors de la guerre d’Irak, en Syrie, en Egypte, au Liban ou au Mali impliquent de recourir aux instances internationales de protection. Des décrets permettent de mettre en œuvre cette législation. Ce type d’activités et de débats est par définition international et transculturel. A titre d’exemple, le Conseil européen a travaillé depuis 2017 à un projet de règlement prévoyant de sanctionner les atteintes aux biens culturels et d’empêcher l’importation et le stockage dans l’Union européenne de biens culturels exportés illicitement depuis un pays non membre de l’UE

Cf. le colloque « Initiatives to Strengthen International Capacities for the Protection of Cultural Property and the Prevention of Illicit Trafficking in Cultural Goods – the Council of Europe Convention on Offences relating to Cultural Property » qui s’est tenue en janvier 2017.

. Le sujet de la restitution des « butins de guerre » est également d’une grande actualité. De nombreux biens culturels allemands ont en effet été déplacés en Union Soviétique et dans d’autres Etats est-européens, et confisquées d’une façon sujette à caution dans le contexte d’une guerre mondiale. Et la discussion autour de la restitution d’œuvres d’art dont l’importation date de l’ère coloniale a récemment suscité en Allemagne un vif regain d’intérêt. La restitution de ce qu’il est convenu de désigner par « butins de guerre » constitue quant à elle une des préoccupations politiques primordiales du gouvernement fédéral

www.bundesregierung.de/breg-de/bundesregierung/bundeskanzeramt/staatsministerin-fuer-kultur [consulté le 27/02/2022].

.

Le terme « bien culturel/Kulturgut » désigne « quelque chose qui, ayant une valeur culturelle, est durable et conservé ».

https://www.duden.de/hilfe/rechtschreibung [consulté le 27/2/2022].

Cette composante de durabilité, de permanence, est un élément important. Que ce soit en France, en Allemagne ou ailleurs, les ouvrages de référence mettent l’accent aujourd’hui surtout sur la dimension universelle qui ressortit au devoir de conservation et de protection des biens culturels de l’humanité. Ce sont en particulier l’ONU et l‘UNESCO qui assument cette tâche depuis la deuxième moitié du XXe siècle. Des biens culturels matériels figurent aujourd’hui sur la liste établie par l’International Committee of the Blue Shield, organisme chargé de travailler à la protection du « patrimoine culturel mondial/Weltdokumentenerbe ». Peuvent aussi être signalées des initiatives locales, comme celle de l’université d’Oldenburg, qui se consacre à la préservation de biens culturels est-européens

https://ome-lexikon.uni-oldenburg.de/begriffe/kulturerbe [consulté le 26/6/2022].

.

Un « bien culturel » renvoie à une grande diversité de manifestations et résultats de l’activité humaine : livre imprimé, pièce de théâtre, édifice, diffusion de concert, tableau, performance d’artiste, film sur écran d’ordinateur, archives, ainsi que us et coutumes, rites et fêtes des sociétés, ou enfin ce qui constitue le savoir des hommes. En somme, les biens culturels sont d’ordre archéologique, historique, littéraire, artistique ou scientifique.

Pour le domaine de l’économie culturelle, il y a des critères qui ont été définis, qui peuvent certes évoluer en fonction des changements de paradigmes, mais ils sont utilisables pour définir les biens culturels voire leur catégorisation (Mairesse, Rochelandet, 2015) :

Ce sont souvent, au sens strict, des œuvres d’art qui sont transformées en biens culturels. Ces derniers, sur un plan économique, sont donc très fréquemment définis en fonction de l’importante proportion de travail artistique incorporée dans processus de fabrication. Autrement dit, la créativité et l’imagination qui se manifestent pour et lors de la réalisation prennent ici une grande place, sachant que les critères d’évaluation peuvent changer et qu’ils doivent être périodiquement révisés voire élargis compte tenu des modifications techniques

Par exemple il reste à prendre en compte le ready-made ou les performances des artistes.

.

Matérialité et immatérialité sont également des catégories en fonction desquelles les biens culturels peuvent être classés. Un bien matériel se mesure et possède des coordonnées géométriques, se différenciant en cela de l’immatériel. Il a par ailleurs fallu attendre longtemps avant que soit conclu un accord sur la préservation de biens culturels immatériels : trois décennies, telle est l’indication habituellement donnée par l’UNESCO. Le 4 avril 1973 est la date généralement avancée pour signaler le moment où ce problème a commencé à être traité par les Nations Unies. C’est le jour où le ministre des Affaires étrangères et de la Religion de la République de Bolivie a envoyé une lettre au Directeur général de l’Unesco : son ministère était parvenu à la conclusion que tous les instruments juridiques existants « visent à protéger des objets tangibles, plutôt que des formes d’expression telles que la musique et la danse, qui subissent de nos jours une exportation clandestine des plus intensives, participant d’un processus de transculturation commercialement orientée qui détruit les cultures traditionnelles » (cité dans Haferstein 2011, 75).

Les biens culturels sont le plus souvent liés à une expérience vécue : leur valeur ne leur est pas intrinsèque, elle résulte plutôt de l’interprétation que l’on donne de ces biens et de l’usage qu’on en fait. Souvent, c’est leur emploi qui est même décisif. Il est difficile à une personne qui n’a pas eu accès à un objet de savoir en quoi il consiste et s’il a une signification à ses yeux. C’est pourquoi, avant de les avoir vus, écoutés ou lus, il n’est pas possible de connaître la valeur d’objets artistiques et, par conséquent, la valeur qu’ils ont en tant que biens culturels. C’est-à-dire que le discours qui est tenu sur un bien culturel, et sur la pratique de sa présentation (publique), ainsi que l’usage qui en est fait contribuent de façon incontestable à l’estimation de sa valeur.

HÉRITAGE CULTUREL VS PATRIMOINE – KULTURELLES ERBE

La traduction en français de la notion de « kulturelles Erbe » par « héritage culturel » (et en anglais par « cultural heritage ») semble de prime abord facile et sans ambiguïté. En revanche, qu’en est-il du terme « patrimoine », si souvent employé en français qu’il paraît même concurrencer « héritage » ? Peut-on se servir de « patrimoine » pour traduire « kulturelles Erbe » ou le cas échéant « Kulturerbe » ? En quoi consistent les différences et spécificités respectives ? Plus encore : à consulter les ouvrages de référence français ou les publications incontournables, le lecteur rencontre le mot « patrimoine » bien plus souvent qu’« héritage ». Ce constat ne se limite nullement à la variante française de Wikipedia, où il n’y a pas d’entrée au vocable « héritage culturel », il ressort aussi du fait que, au terme « héritage », figure presque seulement une énumération de titres de films et de livres, y compris celui d’une série télévisée. Il y a en revanche une page dédiée au « patrimoine culturel », dont le contenu est presque rigoureusement identique à ce que la version allemande de Wikipedia consacre à « Kulturerbe ». La question est donc : faut-il malgré tout traduire « Kulturerbe » par « patrimoine culturel » ?

Nous voilà confrontés à un problème qui met une fois de plus en évidence que la traduction nécessite de prendre en considération le fait que l’histoire culturelle connaît des évolutions culturelles différentes dans les diverses aires culturelles et de trouver alors les moyens de démêler ces écheveaux conceptuels. Rechercher des équivalents fonctionnels pourra être un apport utile. Examinons donc à présent brièvement l’historique du concept de « patrimoine ».

Patrimoine

L’idée que la manière de gérer la transmission d’une génération à l’autre, « l’héritage », avait une influence directe sur le bien-être et la société a été abordée bien avant la Révolution française (Steiner 2008). Par exemple, au moment de faire le lien entre le bonheur du plus grand nombre et la moindre inégalité dans les propriétés, Claude-Adrien Helvétius suggère de remettre en cause l’héritage

Helvétius, Claude-Adrien [1773] (1989), De l’homme, de ses facultés intellectuelles, de son éducation, Paris, Fayard, p. 565, 749.

. De même, lorsque Condorcet commente l’article « Fondation » de Turgot, il met l’accent sur l’effet de l’héritage en faveur de l’égalité sociale

Condorcet, Marie Jean Antoine Nicolas Caritat, marquis de [1786] (1972), Vie de Monsieur Turgot, Genève, Slatkine, p. 242.

. Cette dimension n’avait bien sûr aucune raison de tomber dans l’oubli au cours de la Révolution, notamment après qu’a été prise la décision de réformer le droit de tester et d’instituer l’égalité des partages en ligne directe.

Une fois de plus, les Lieux de mémoire, cette œuvre colossale conçue et éditée par Pierre Nora dans les années 1980, livre des pistes intéressantes. Quarante-cinq pages du deuxième volume, « Nation », sont consacrées à la notion de « patrimoine », alors qu’« héritage » se réduit à une présentation de la situation au Moyen Âge. L’auteur de l’article « patrimoine », André Chastel, décrit la manière dont, entre 1789 et 1795, au vu des actes de vandalisme et malgré ces actes, les révolutionnaires ont pris conscience de la protection et de la conservation à assurer aux œuvres éminentes et au génie artistique de l’ère précédente :

Le sens du patrimoine, c’est-à-dire des biens fondamentaux, inaliénables, s’étend pour la première fois en France aux œuvres d’art, tantôt en fonction des valeurs traditionnelles qui s’y attachent et les expliquent, tantôt au nom de ce sentiment nouveau d’un lien commun, d’une richesse morale de la nation tout entière.

(Chastel 1986, 411)

Le fait de dépolitiser les « biens culturels » et de mettre l’accent sur le génie (en fonction du culte rendu au génie), sources de l’héritage et du patrimoine français, constitua une avancée majeure, due à l’abbé Grégoire, et le vandalisme fut par la suite passible de sanctions.

Le patrimoine acquiert à cette époque une fonction morale et pédagogique. Transformer en bien public ce qui était précédemment la propriété privée de l’aristocratie ou des Églises, les châteaux, les terrains etc. est devenu la matrice d’une prise de conscience de ce qui est national et la signification du « patrimonium » (héritage paternel) s’est enrichie en incluant les possessions de la Nation française, laquelle apprenait à se reconnaître et pouvait ainsi trouver le sens de ce qu’elle avait en commun. Se chargeant de cette signification, la notion de « patrimoine » a acquis une fonction qui concernait l’ensemble de la société française et qui a joué un rôle dans le processus de sa prise de conscience identitaire en tant que nation. Ce processus s’accompagna au XIXe siècle d’un intense effort pédagogique. Il se manifesta par des fêtes collectives et des rites emblématiques, par la sauvegarde des monuments historiques ainsi que dans l’historiographie et les écoles, par exemple dans des manuels scolaires tels que Le Tour de la France par deux enfants

Bruno, G. [Augustine Fouillée-Tuillerie] (1877), Le tour de la France par deux enfants, Paris, Belin.

et, de façon générale, dans les nouveaux canons littéraires, artistiques etc. L’État joua dès lors un rôle essentiel, si bien que « patrimoine » peut être considéré comme l’équivalent du « Preußischer Kulturbesitz » et de nos jours du « Staatlicher Kulturbesitz » ; et l’on peut traduire « patrimoine mondial » par « Weltkulturbesitz ».

Comme on le sait, l’entreprise de Nora se situait à une époque où la Nation française ainsi que le républicanisme étaient depuis longtemps en crise et où les symboles nationaux ne subsistaient plus qu’au titre de lieux de mémoire ayant déjà perdu dans une large mesure leur force identificatoire. Les républicains français en éprouvaient une certaine amertume, ce qui se remarque aussi chez André Chastel. Cet état d’esprit, cet engagement républicain permettent de comprendre que le concept et la notion de « patrimoine culturel » paraissent obsolètes si on les sépare du contexte national. D’après l’argumentation de Chastel, le fait de parler d’un « patrimoine mondial » serait artificiel, tout comme le serait la revendication d’organisations internationales d’associer les coutumes et d’autres symboles propres au « Tiers-Monde » parce que, selon cet auteur, toutes les sociétés n’auraient pas leur propre dispositif de symboles et figures identificatoires. La vocation du « patrimoine », au sens d’héritage d’œuvres d’art et de monuments où l’on pourrait se reconnaître, aurait toujours constitué un des facteurs identificatoires de la société française. En somme, trésors et héritage ne concordent plus en France depuis la Révolution.

Dans une telle perspective, l’élargissement du « patrimoine national » au « patrimoine mondial » est contestable, et inversement, il importerait de ne pas traiter l’« héritage culturel » comme équivalent d’un « bien patrimonial ». Les objets de collection, les spécificités ethnologiques etc., seraient des « biens culturels » certes dignes d’intérêt, mais ils ne représenteraient nullement des éléments du « patrimoine » et n’auraient pas de fonction identificatoire. Nous pouvons du moins en conclure à nouveau que la dimension de l’expérience que la collectivité fait d’un bien culturel est incontournable pour que ce dernier puisse être intégrable au « patrimoine ».

« HÉRITAGE CULTUREL », UN CONCEPT HEURISTIQUE

Une question primordiale se pose en lien avec le concept de « patrimoine » : par qui ou par quoi est décidé à qui revient la compétence de contribuer à cette vocation identificatoire ? Dans une perspective républicaine, il serait donc trompeur d’accorder un élargissement mondial au « patrimoine ». On peut aussi choisir une autre approche et considérer que c’est la signification donnée au concept même de « patrimoine » qui est trompeuse, parce que cela revient à insister sur la richesse d’un héritage, et en revanche à ne s’intéresser que peu au processus qui permet à un « bien culturel » de se trouver intégré au « patrimoine ».

Étant donnés les pillages et destructions susmentionnées, mais aussi étant donné qu’il y a des minorités qui souhaitent la reconnaissance sociale et la préservation de leurs biens culturels alors qu’elles ont été occultées et réprimées au cours de leur histoire nationale, il est dorénavant souhaitable, quand on travaille sur le « patrimoine » dans le contexte des sciences des cultures, que l’on examine de près ces modes de sélection, leurs acteurs, leurs objectifs. Vers quels concepts se tourner alors ? Bien que le débat concernant le rem-placement partiel de « patrimoine » par « matrimoine » puisse renvoyer à la légitime question du genre, ce n’est pas cela qui est susceptible de réellement aider à résoudre le problème de fond, celui de la genèse de « patrimoine ». L’interrogation porte globalement sur les acteurs et les instances qui président et ont présidé à ce processus. La question du genre elle-même relève de ce contexte plus général. Pour finalement le dire d’un mot : c’est surtout le recours au concept d’« héritage » qui semble être à privilégier. Pourquoi ?

« Héritage », aussi bien sur le plan de l’étymologie qu’en rapport avec l’actualité, implique plus nettement l’action de la transmission, tandis que « patrimoine » désigne le résultat de la transmission. C’est particulièrement pertinent pour les sciences des cultures et l’histoire culturelle, sitôt que ces deux concepts ne concernent pas des individus ou des familles, mais qu’ils s’appliquent à un cadre local ou régional, national, voire mondial. Il est évident que « patrimoine » masque la complexité des modes de transmission, les pose ou du moins les représente comme allant de soi, en quelque sorte, et ne suggère pas et ne requiert pas de problématiser cette sélection, qui aura pourtant inévitablement eu lieu.

Par conséquent, utiliser « patrimoine » pour désigner les biens culturels signifie que l’on se trouve confronté à des résultats de sélections non thématisées et non problématisées, et que l’on risque de les accepter tels quels. Or il est impératif de considérer attentivement ce qui figure dans cette rubrique. Il y a un dynamisme dialectique entre la prétention à l’universalité inhérente au couple bien culturel/patrimoine et la reconnaissance des multiples droits et héritages culturels particuliers. L’avantage de recourir au concept d’« héritage » réside principalement dans le fait que la prise en considération du processus met en évidence les acteurs et instances qui sont ou furent impliqués dans les situations historiques respectives pour sélectionner les biens culturels répondant aux critères et fonctions souhaités pour faire partie de l’héritage culturel. Ce qui permet d’envisager de surcroît une révision du processus de ladite transmission culturelle. C’est pourquoi nous aimerions inciter les chercheuses et chercheurs à privilégier le terme d’« héritage » et à le traiter en concept-clef apte à respecter l’évolution culturelle et à critiquer le phénomène du « patrimoine ». En allemand, le terme « Kulturerbe » ne se restreint pas à une collectivité spécifique et peut inclure des intérêts dits particuliers. Et pour développer les recherches sur le devenir de cet « héritage culturel »/ Kulturerbe, il existe en outre le terme d’« appropriation culturelle »/ Erbeaneignung, ou en anglais « cultural appropriation », ce qui est un champ de recherche qui connaît en ce moment une grande actualité outre-Atlantique, tout comme en France et en Allemagne.

Sur la cultural appropriation, cf. Young 2008 et Hahn 2011. On trouve des exemples des débats contemporains en France et en Allemagne chez : Fassin, Eric, « L’appropriation culturelle, c’est lorsqu’un emprunt entre les cultures s’inscrit dans un contexte de domination (entretien) », in Le Monde, 24/8/2018, https://www.lemonde.fr/immigration-etdiversite/article/2018/08/24/eric-fassin-l-appropriation-culturelle-c-est-lorsqu-un-emprunt-entre-les-cultures-s-inscrit-dans-un-contexte-de-domination_5345972_1654200.html; Franzen, Johannes, « Kontroverse um kulturelle Aneignung: Das Feuilleton darf nicht kneifen », taz, 4.5.2020, https://taz.de/Kontroverse-um-kulturelle-Aneignung/!5679941/

Chastel, André (1986), « La notion de patrimoine », in Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, 2. La Nation, Paris, Gallimard, 411–446. ChastelAndré 1986 « La notion de patrimoine » in NoraPierre (dir.), Les Lieux de mémoire 2. La Nation Paris, Gallimard 411 446 Search in Google Scholar

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Hahn, Hans Peter (2011), « Antinomien kultureller Aneignung: Eine Einführung », in Zeitschrift für Ethnologie, 136, 11–26. HahnHans Peter 2011 « Antinomien kultureller Aneignung: Eine Einführung » in Zeitschrift für Ethnologie 136 11 26 Search in Google Scholar

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